Mardi 14 octobre 2008
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Stéphanie Bodet et Arnaud Petit, un couple de grimpeurs français, parcourent le monde pour escalader à mains nues les " big walls ", les parois les plus hautes et les plus hostiles de la planète.
Ils ont décidé de faire une pause. Trop de voyages au bout du monde, de rêves assouvis, d'images à transformer en souvenirs, de kérosène consommé... Stéphanie Bodet et Arnaud Petit sont un peu las
d'écumer les falaises de la planète. Ils viennent tout juste de rentrer de Madagascar et ont décidé de remettre à plus tard leurs futures ascensions. "
Le projet
freewall, qui consiste à escalader les plus grosses parois du globe, c'est la quête d'une vie, raconte Stéphanie, 32 ans.
Nous allons prendre notre temps,
nous ne nous fixons pas de date butoir. " Depuis trois ans, ces deux grimpeurs de l'extrême, en couple à la montagne comme à la ville, se sont attaqués aux plus beaux " big walls " du monde,
ces murs de plus de 400 m de haut, accessibles uniquement aux plus chevronnés. Pour compliquer un peu les choses, ils les attaquent en escalade libre, c'est-à-dire sans accessoires, à la seule
force des mains et des pieds.
Les vagabonds de la verticale
Du Pakistan au Venezuela, en passant par le Maroc ou Madagascar, aucune paroi ne leur a pour l'instant résisté. Dans l'Himalaya ou au fin fond de la jungle, ils ont passé des heures, des
nuits parfois, accrochés au granit ou au calcaire, à chercher la moindre fissure. "
Pour étancher notre soif de rocher et de beauté ", expliquent-ils d'une
seule voix. L'expérience aurait dû se prolonger jusqu'en janvier 2009, en Patagonie. Mais toutes les conditions n'étaient pas réunies. "
Nous sommes allés voir
l'hiver dernier à quoi ressemblait ce big wall. Mais là-bas, il y a de la glace en permanence dans les fissures des voies qu'on voulait escalader, explique la grimpeuse.
Déjà, il nous faut attendre un mois pour avoir un créneau météo adéquat, et quand il fait beau, la glace fond et ce n'est plus
possible de grimper, donc on a abandonné cette idée. "
Les "
vagabonds de la verticale ", comme ils se sont surnommés, ont déjà gravi sept murs, hauts de 400 m à 1 000 m. Et même s'ils s'accordent une
petite trêve, leur quête est loin d'être terminée. "
Il existe une quantité illimitée de big walls. Même en France, on peut en trouver. En Maurienne, par exemple,
il y a des murs de calcaire de 500 m, mais cela n'est pas assez extrême pour nous ", poursuit Stéphanie, professeur de français en disponibilité et conseillère technique pour Lafuma.
Car le couple haut-alpin, comme la vingtaine d'aventuriers qui escaladent des big walls dans le monde, a besoin d'adrénaline. à l'image de leur périple au Venezuela en 2006, qui les marquera à vie.
Durant 15 jours et 12 nuits, ils ont gravi le Salto Angel, une paroi de plus de 800 m, qui s'incurve en son sommet et finit percée par la cascade la plus haute du monde. "
Cette ascension cumule tous les problèmes qu'on peut rencontrer sur un big wall. Solitude, fatigue, danger, rationnement : on a tout connu. C'est le plus gros morceau
qu'on ait jamais fait et on en gardera un souvenir impérissable, confie Stéphanie.
C'était vraiment très dur, trop dur même. On était toujours à la limite,
sans confort ", renchérit Arnaud, 37 ans, guide de haute montagne. Après deux jours de pirogue, les six grimpeurs se sont enfin retrouvés au pied du mur. Avec 200 litres d'eau et 200 kg
de matériel à monter.
Plus facile à dire qu'à faire...
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