Vendredi 26 septembre 2008
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Réactions suite au discours du Président Sarkozy à Toulon
FO : «Rien de rassurant dans le discours de Toulon.» «Au-delà de l'affirmation que cette crise ne serait pas celle du capitalisme mais d'un système financier, qui peut laisser perplexe»,
souligne Force Ouvrière dans un communiqué après le discours du président, «il n'y rien de très rassurant dans le discours de Toulon». Le syndicat cite notamment la confirmation par le Chef de
l'Etat de la «suppression de 30.600 postes dans la fonction publique», la «suppression d'un échelon territorial, ce qui signifie moins de présence de l'Etat auprès du citoyen et le détricotage de
la République». FO s'inquiète aussi de «la suppression annoncée de la taxe professionnelle qui finance les collectivités locales, du maintien des exonérations de cotisations...» En revanche,
souligne le syndicat, «rien sur les salaires, sur le pouvoir d'achat et sur la prime transport. (...) Les salariés apprécieront : pour les spéculateurs, un discours sur l'éthique en défense du
capitalisme, pour les salariés de la sueur et des larmes.»
La CGT : le président «dénonce les dérives du capitalisme, mais sans mesures concrètes pour changer ce système». Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, le chef de l'Etat
«s'efforce de distinguer les dérives du capitalisme financier de celles du capitalisme industriel», a fait remarquer Bernard Thibault «mais il n'y a qu'un capitalisme, si Renault licencie, c'est
au nom d'une rentabilité financière». Pour le leader cégétiste, le chef de l'Etat «justifie ses réformes contestées au nom de la crise internationale». Il est «assez surprenant qu'on
cherche à multiplier des réformes libérales en les présentant comme de nature à nous sortir d'une crise qui est d'abord celle du libéralisme économique», a-t-il ajouté, regrettant que Nicolas
Sarkozy ait «exprimé une fin de non recevoir aux revendications salariales». En revanche, a-t-il déploré, «les entreprises obtiennent de nouveaux cadeaux financiers puisqu'on annonce des mesures
concernant la taxe professionnelle».
Le Medef salue les annonces pour encadrer les rémunérations des dirigeants d'entreprises. «Je partage l'idéal de modération du président de la République quand il prône des
comportements raisonnables en matière de rémunération, c'est cela l'esprit du capitalisme», a réagi Laurence Parisot dans un communiqué. Pour le Medef, qui «a le sentiment d'avoir été
entendu sur la nécessaire réconciliation de la France avec l'entreprise et avec l'entrepreneur», le président «a prononcé un discours véridique, ambitieux, historique, à la hauteur du défi auquel
nous sommes tous confrontés.»
François Bayrou : «Une incroyable accumulation de promesses.» François Bayrou, président du MoDem, a vu jeudi «une incroyable accumulation de promesses» dans le discours économique
de Nicolas Sarkozy à Toulon, qui se heurteront selon lui au manque de «marges de manoeuvres» budgétaires. «Si le bohneur des peuples se mesurait à la somme des promesses qu'on leur fait,
qu'est-ce que les peuples seraient heureux !», a réagi M. Bayrou auprès de l'AFP. Pour lui, le chef de l'Etat a «promis tout et le contraire de tout. (...)La vérité que tout le monde découvrira,
c'est que depuis 18 mois, au lieu de constituer des marges de manoeuvre, on a laissé filer le déficit qui est aujourd'hui supérieur de 25% à ce qui avait été prévu». L'ex-candidat à l'Elysée a
précisé qu'il «approuvait l'idée de moraliser le système de rémunérations et de responsabiliser les chefs d'entreprise et ceux qui les entourent». «J'attends de voir ce que ça donnera dans la
réalité», a-t-il cependant commenté.
Martine Aubry : « Une langue de bois totalement irréelle.» La maire PS de Lille, Martine Aubry, a déploré «la poursuite absolue d'un discours qui affiche une langue de bois
battante, totalement irréelle et totalement en décalage par rapport à la politique qu'il mène». Le chef de l'Etat «nous fait croire que la crise que nous vivons déjà à cause de sa politique
pourrait être la conséquence de la crise financière qui arrive. Son leitmotiv est je continue les réformes, c'est-à-dire, je continue la régression, et je continue le libéralisme»,
a-t-elle estimé. «Nous avons en France sur le plan économique comme social la conséquence de cette politique libérale qu'il a menée», a jugé l'ex-ministre, affirmant que les conséquences de
la crise financière pour la France sont «d'autant plus graves» que Nicolas Sarkozy «a grillé toutes ses cartouches budgétaires».
Michel Sapin : « Un gouffre entre le discours et les faits du président. » «Quand le président de la République comprendra-t-il qu'il n'est plus en campagne
électorale, mais qu'il est désormais comptable de la réalité et des faits?» , interroge Miche Sapin secrétaire national PS à l'économie. Pour lui, M. Sarkozy «tire aujourd'hui
prétexte de la crise économique pour justifier l'accélération d'une politique d'austérité à l'égard des catégories moyennes et populaires. (...) Sur l'ensemble des grandes priorités des Français
(pouvoir d'achat, emploi, santé, logement, éducation, environnement), il se contente une nouvelle fois d'effets d'annonce et de slogans vides», conclut-il.
source: AFP